"Que savons-nous des autres quand nous savons quelque chose d’eux ? Pas grand chose… Nous ne savons que ce que nous croyons savoir ou ce qu’ils ont bien voulu nous laisser savoir. Rêvant sur mon passé, sur tous les êtres que j’ai aperçu, croisé, ceux qui m’ont entouré, m’ont élevé, avec lesquels j’ai vécu, je suis bien obligé d’admettre que, même des plus proches, je ne connais de leur vie que des miettes et que, pour l’essentiel, ils m’ont échappé et continuent à la faire. Et, pour certains, pour ceux qui sont partis ou morts, cette perte est irrémédiable…" Approbation d’Oriane (encre verte) : C’est en partie pour cela que toute fiction me paraît si pauvre qui, quelle que soit son intention, réduit ses personnages à une trame orienté vers un but. La vie est foisonnante. Tout être est une multitude d’être et jamais, personne — du moins il me semble — à part Marc Hodges n’a jamais affronté son écriture à cette réalité élémentaire. Je ne crois pas que l’intérêt de la littérature soit de simplifier la vie, la rendre lisible, mais, au contraire je suis persuadé qu’elle réaliserait sa véritable fonction en rendant compte des multiplicités à l’œuvre dans chaque être.(Le journal de Charlus)
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